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A l’heure où plusieurs initiatives
internationales se juxtaposent pour tenter de rassembler des
personnalités et des responsables israéliens et palestiniens
soucieux d’engager un nouveau dialogue et de déterminer
ensemble les conditions d’une paix durable au Proche-Orient,
un texte sobrement intitulé "Les socialistes pour une paix
juste et durable au Proche-Orient" circule au sein du Parti
Socialiste, suscitant des signatures mais aussi de vives
réactions.
Il nous apparaît indispensable de
nous inscrire contre l'esprit de ce document, dont le moins
que l'on puisse constater, est qu'il n'est pas de nature à
rassembler.
Le Cercle Léon Blum s’est prononcé
publiquement, conformément à sa Charte constitutive, en
faveur de toute initiative de nature à faciliter
l’apaisement et le rapprochement israélo-palestinien pour la
paix. C'est ainsi qu'il a soutenu les accords "de Genève"
dont les signataires dudit texte se prévalent. Telle était
la signification de la présence de nombreux militants du CLB
au récent rassemblement de la Mutualité.
Or, le document initié par deux
militants socialistes comporte un certain nombre
d’affirmations dont le seul énoncé relève de la provocation
et contredisent les résolutions de l’accord. Ces
revendications tendancieuses démontrent, soit une
méconnaissance de la réalité de la situation et des
négociations actuelles ou, plus grave encore, visent à
discréditer les tentatives de rapprochement des parties
prenantes de ce conflit.
Ce texte, en totale contradiction
avec l’esprit de l’initiative de Genève dont la première
qualité est d’avoir réussi à dépasser tous les clivages en
posant la paix comme un préalable, recèle les arguments
fallacieux qui, depuis trop longtemps, ont contribué à
alimenter le dialogue de sourds et à édifier des murs
d’incompréhension et d’intolérance. Chaque argument présenté
par les signataires génère son contre argument, tout aussi
légitime. Mais les opposer ne ferait qu'ajouter à
l'incompréhension et à la tension au lieu de promouvoir le
dialogue. Nous ne voulons pas entrer pas dans ce cycle
stérile et contreproductif.
Nous sommes prêts, dans le cadre
et au niveau de responsabilité qui sont les nôtres, à
coopérer avec tous les militants qui oeuvrent au
rapprochement de ceux qui se sont haïs et déchirés durant
des décennies. La meilleure façon, selon nous, de les réunir
n’est pas de lancer des invectives ou des anathèmes comme le
font les auteurs de cette pétition mais au contraire d’avoir
l'intelligence et le courage de reconnaître la douleur de
deux peuples qui endurent, côte à côte, la même misère, la
même détresse, le même désespoir et d'agir pour leur
coexistence pacifique.
Le Cercle Léon Blum Le 6 Janvier 2004
Exercice de style :
L'argumentaire inutile
Si nous nous étions inscrits dans la logique des
signataires du texte intitulé "Les socialistes pour
une paix juste et durable au Proche-Orient", nous
aurions produit la réponse suivante, réfutant point
par point les affirmations partisanes, peu empruntes
de sérénité, rédigées par les initiateurs du texte.
1. "Droit au retour" : Est-il utile de poser les
termes de cette revendication comme un point
d'achoppement alors que les signataires des accords
de Genève et ceux du document Ayalon / Nusseibeh ont
considéré que cette disposition ne devait toucher
qu'un nombre restreint de personnes et qu'ils sont
tombés d'accord pour le dédommagement des
Palestiniens qui le souhaiteraient ? De même
aurions-nous souhaité que les signataires du texte
militent parallèlement pour l'indemnisation des
juifs qui ont été obligés de fuir l'Egypte, la
Syrie, l'Irak, l'Iran, l'Algérie où leur vie était
menacée… et qui ont vu leurs biens spoliés par les
autorités de ces pays !
2. La citoyenneté pleine et entière des arabes
palestiniens de nationalité israélienne : Elle ne
pose pas de problème puisque les accords la
prévoient. Cependant, nous nous étonnons que les
signataires de cette pétition aient oublié de
réclamer les mêmes droits civiques et nationaux pour
les quelques juifs qui survivent dans les pays
arabes du Proche-Orient.
3. "La misère, la détresse et le désespoir de la
population palestinienne" : Elles sont à l'identique
de la misère, de la détresse et du désespoir de la
population israélienne. Il serait bon que les
signataires, à l'identique du Fonds Monétaire
International, s'interrogent sur la destination
réelle de 900 millions de dollars d'aide économique
internationale attribuée à l'Autorité Palestinienne
pour aider les réfugiés. L'Europe se pose les mêmes
questions sur la vraie destination des fonds alloués
à l'éducation des jeunes Palestiniens. Ces sommes
considérables, si elles avaient été distribuées à
leurs vrais destinataires au lieu de s'évaporer
au-dessus de la Suisse ou d'un autre paradis fiscal,
auraient, sans doute, contribué à soulager
sérieusement la situation des réfugiés palestiniens.
4. Le "mur de sécurité": Cette barrière faite de
fossés et de murs est une réponse forcément
imparfaite et provisoire aux infiltrations de
terroristes kamikazes qui viennent semer la mort
aveuglement chez les civils israéliens. Que les
responsables de l'Autorité Palestinienne, avertis à
de nombreuses reprises par les Israéliens comme par
les dirigeants internationaux, fasse cesser ces
activités terroristes et cette barrière n'aura plus
aucune raison d'être.
5. "La Démocratie dont l'état israélien se réclame":
Non seulement l'état d'Israël "se réclame" de la
démocratie, mais, au quotidien, il en applique les
principes : presse libre, correspondants de presse
étrangers circulant librement dans les zones de
tension, députés arabes israéliens élus à la
Knesset, droit à l'objection de conscience, justice
indépendante traitant les dirigeants à l'égal des
simples citoyens, commissions d'enquête
parlementaires, responsabilité des élus devant les
citoyens, élections démocratiques mandatant ou
rejetant les représentants de tous les courants de
pensée de la vie politique israélienne … Nous ne
doutons pas un instant que les signataires du texte
auront la même exigence démocratique et réclameront
la même transparence aux voisins de l'état d'Israël.
Il ne s'agit là que de quelques exemples d'excès
commis par les signataires du texte "Les socialistes
pour une paix juste et durable au Proche-Orient". De
plus, ce ne sont pas "les" socialistes qui se
reconnaissent dans ce texte mais seulement "certains
socialistes", non représentatifs de la position
équilibrée du Parti Socialiste soutenant les actions
pour la paix au Proche-Orient, tel que l'a récemment
réaffirmé son Premier Secrétaire, François Hollande. |
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