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Une jeune camarade de ma section vient, voici quelques semaines, d'un ton mystérieux et inquiet me demander: es-tu sioniste ? Je lui répondais que si être pour l'existence de l'état d'Israël c'était être sioniste, j'étais désolé de la décevoir. Oh! injure suprême, Sioniste. Il est temps que nos amis politiques puissent enfin comprendre que le sionisme fût bâti, à la fin du 19ème siècle, sur des valeurs de gauche, que ce fut un mouvement de libération nationale et de lutte anticolonialiste contre les Anglais au sein de la Palestine Mandataire. Les anti-sionistes primaires chargent Israël de tous les maux. Un pays où un Premier Ministre a en face de lui 200 000 manifestants (équivalent à 2 millions en France) critiquant sa politique sans ordonner une dispersion sanglante, n'est-il pas une démocratie ? Existe-il semblables démonstrations d'opposition en Syrie, en Jordanie, en Egypte ...? Pour ma part, je me réserve le droit de critiques politiques à l'égard d'Israël comme de tout autre pays, mais jamais je ne serai, au regard des autres, ce juif idéal qui prononce le discours que certains aimeraient entendre. En 1898, Clemenceau fustigeait les "efforts de certains juifs pour obtenir l'indulgence des antisémites en prenant parti contre Zola". Ils ne voulaient pas être confondus avec "cette canaille de Dreyfus". Ils étaient au regard de certains, de bons juifs ! Jean-Michel Rosenfeld |